Le DIY est au cĆur des scĂšnes indĂ©. Il repose sur lâentraide, lâautonomie, le collectif et beaucoup d'autres belles valeurs. On a choisi de les mettre Ă l'honneur pour cette premiĂšre Ă©dition de Bloup Bloup de 2026 (qui est dĂ©jĂ notre 10e đ±).
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Le DIY ou « do it yourself » a toujours Ă©tĂ© intimement liĂ© aux scĂšnes rock et indĂ©. Aujourdâhui encore, ces scĂšnes ne survivraient pas sans le travail passionnĂ© et engagĂ© de ses acteur·ices. Nous avons dĂ©cidĂ© de leur consacrer ce premier numĂ©ro de Bloup Bloup de lâannĂ©e 2026.
Le DIY, câest une rĂ©sistance et un engagement politique. Dans un systĂšme capitaliste, câest montrer quâon peut faire nous-mĂȘme, sans lâaide ou la dĂ©pendance des institutions. PlutĂŽt que de provoquer un repli sur soi, la culture DIY impose la solidaritĂ© et le collectif. Elle est un rĂ©seau qui rend propice la crĂ©ation artistique pour tous·tes et les Ă©changes entre personnes issues de divers horizons.
Poisson VĂ©lo aussi est DIY. On a toujours imaginĂ© notre mĂ©dia comme ça, parce que le DIY a des valeurs fĂ©ministe, queer et anti-racistes qui nous tiennent Ă coeur. Câest de la dĂ©brouille bien sĂ»r, mais câest aussi un acte de contre-culture : chacun·e est capable de devenir un·e acteur·ice culturel·le.
Câest pour ça quâil est important, pour nous, de mettre en lumiĂšre des artistes DIY, qui ne partent pas toujours avec les mĂȘmes chances que dâautres. Câest pour ça aussi, quâau sein de la rĂ©daction de Poisson VĂ©lo, on fait de lâauto-formation entre nous, selon les compĂ©tences des unes et des autres.
On a rencontrĂ© tellement dâartistes et dâacteur·ices des scĂšnes DIY depuis les dĂ©buts de Poisson VĂ©lo. Je pense Ă Ladylike, un groupe de Brighton, qui nous avait parlĂ© de la difficultĂ© de faire son art, tout en devant garder un job alimentaire Ă cĂŽtĂ©. Dans les scĂšnes indĂ©, câest la rĂ©alitĂ© de la plupart des artistes. Je pense aussi Ă Caro et François qui organisent des tournĂ©es de concerts DIY et trĂšs badass avec la Bagarre Booking. Et encore, au travail de RĂ©mi Lafitte sur son fanzine « Futur ParlĂ© » qui explore le thĂšme de « lâindĂ© » en long et en large dans son premier numĂ©ro.
Pour vous parler de ces valeurs qui nous sont chĂšres chez Poisson VĂ©lo, on a tentĂ© dâexplorer plusieurs facettes du DIY dans ce numĂ©ro. On sâest rendues Ă la soirĂ©e dâinauguration dâune nouvelle salle Ă Paris, La TĂ©lĂ©vision ! ZoĂ© sâest entretenue avec Vera Daisies, qui dessine elle-mĂȘme tous ses clips, affiches et pochettes. Marine vous a prĂ©parĂ© une vidĂ©o sur les fanzines dans laquelle elle explique pourquoi ils sont lâobjet culte ultime du DIY. DĂ©couvrez aussi quel est votre craft DIY selon votre signe astrologique, dans le nouvel horockscope de Lucyle â
Bonne lecture xoxo
âïž â LorĂšne Bienvenu, confondatrice de Poisson VĂ©lo
Quand on pense DIY, il y a une artiste qui nous vient tout de suite en tĂȘte, câest Vera Daisies, aka Margaux Jaudinaud pour les intimes. Ancienne moitiĂ© du groupe de rock Ottis CĆur, elle se lance en solo en cette rentrĂ©e 2026 avec un premier EP, Clever Girl. En plus dâĂȘtre musicienne, Vera Daisies est graphiste et illustratrice. Si vous ĂȘtes habitué·es des scĂšnes rock française vous avez dĂ» voir passer son travail. Elle a notamment bossĂ© avec Johnny Carwash, We Hate You Please Die ou encore Johnny Mafia. On a discutĂ© avec elle de son rapport au DIY, et de comment elle mĂ©lange crĂ©ation visuelle et musicale dans son projet.
Poisson Vélo : Tu peux nous raconter la naissance de ton premier EP ?
Vera Daisies : Ăa fait trĂšs longtemps que je travaillais dessus, sans savoir que ça allait devenir un EP. Il y a cinq titres et la plupart des chansons ont Ă©tĂ© Ă©crites il y a une dizaine d'annĂ©es, mais il y a aussi des chansons plus rĂ©centes. Ăa me tenait Ă cĆur de rassembler tout ça dans un EP, comme une sorte de tĂ©moignage de ces dix derniĂšres annĂ©es, et de mon arrivĂ©e dans lâindustrie !
PV : Tu nâas pas commencĂ© tout de suite par la musique. Câest quoi ton parcours ?
VD : Jâai commencĂ© par des Ă©tudes dâart. Je faisais du graphisme, de lâillustration et je travaillais dans des bars pour gagner ma vie. Pour moi, faire de la musique, câĂ©tait pas forcĂ©ment une possibilitĂ©, jusquâau jour oĂč jâai rencontrĂ© des gens qui en ont fait leur mĂ©tier, qui sont intermittent·es. Je me suis dit : « Mais câest merveilleux tout ça, on a trop de chance en France ! ». Jâai pas mal alternĂ© entre la musique et le dessin, jusquâĂ ce que je me dise que ça serait chouette de faire un projet tout en un.
PV : Tu as travaillé avec pas mal de groupes français, tu peux nous raconter ?
VD : Je faisais des clips en animation pour des groupes de rock français. Jâai fait des clips pour Johnnie Carwash, We Hate You Please Die et Johnny Mafia. Jâai un peu créé un univers. Je mettais des rĂ©fĂ©rences de lâun dans lâautre. Dans ces trois clips il y a des personnages qui reviennent, des petits camĂ©os. Il y a souvent des paysages comme les grands espaces amĂ©ricains. Jây suis jamais allĂ©e mais jâadore lâidĂ©e que je mâen fais ! Tout se mĂ©lange pour crĂ©er une « famille du rock ». Jâai lâimpression dâavoir un peu aidĂ© Ă ma maniĂšre la scĂšne Ă se solidariser entre elles. Câest trop bien de se sentir appartenir Ă une scĂšne ! Et câest quelque chose que jâai rĂ©utilisĂ© dans mon projet.
PV : Justement, dans ton projet, tu gĂšres pas mal de choses. Quâest-ce que ça tâapporte ?
VD : Je mâoccupe de lâillustration, de lâanimation, de la prodâ et je suis aussi mon propre label, du moins pour lâinstant. Je suis un peu multi casquettes. Câest Ă©puisant mais ça me permet de faire plein de choses gĂ©niales. Ăa mâaide Ă mieux articuler ce que je fais en promo, je comprends mieux comment ça marche et je suis plus efficace. Je suis aussi dĂ©cisionnaire sur tout. Je ne fais aucun compromis : ce sont mes visuels, ma musique, et je dĂ©cide de tout. Ăa permet Ă ma musique et Ă tout ce que je fais dâĂȘtre le plus proche de ce que je suis, et dâĂȘtre hyper sincĂšre dans ma dĂ©marche. Par contre, ça demande dâĂȘtre bien organisé·e, ça devient un taf.
PV : Est-ce que tâaurais un conseil Ă donner Ă un·e artiste ou un groupe qui se lance ?
VD : Alors, câest pas un conseil qui vient de moi, mais ça mâa beaucoup aidĂ©e. Je crois que câest Dolly Parton qui a dit : « Find out who you are and do it on purpose » [«dĂ©couvre qui tu es et assume le ?»] Pendant longtemps, dans mon projet, jâai reniĂ© la partie illustration parce que je trouvais que ça faisait enfantin. Je voulais absolument avoir une image plus adulte. En fait, ce nâest pas du tout qui je suis. Je ne suis pas sĂ©rieuse, je ne suis pas quelquâun qui est froide sur scĂšne, moi, je parle au public. Jâai lancĂ© mon projet, oĂč je fais mes dessins et ma musique, je me suis isolĂ©e pour le faire et je me suis uniquement entourĂ©e de personnes de confiance. Aujourdâhui, je le sors au public et je suis complĂštement sereine parce que jâai trouvĂ© ce que je voulais faire. Je suis contente et fiĂšre de le faire.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire la BD faite par Vera Daisies et publiĂ©e dans « Futur ParlĂ© », un fanzine de RĂ©mi Laffite dans lequel il interroge des dizaines dâartistes ou acteur·ices des scĂšnes indĂ© sur ce quâest lâindĂ©. Si vous ne lâavez pas encore lu, foncez le commander ! On vous en dit plus dans cette vidĂ©o.
© Futur Parlé, Rémi Lafitte, en auto-édition, 2025
@futur_parle_
âïž â ZoĂ© Pinet, cofondatrice de Poisson VĂ©lo
Vous connaissez lâamour de Poisson VĂ©lo pour les petites salles de concerts. Câest donc bien normal quâon vous emmĂšne avec nous Ă la soirĂ©e dâinauguration de La TĂ©lĂ©vision, petit lieu DIY situĂ© au sous-sol de lâOlympic CafĂ©. On a rencontrĂ© Julie et Victor, Ă lâorigine de cette salle Ă la prog rĂ©flĂ©chie et aux valeurs engagĂ©es !
đč + đ„ïž â LorĂšne Bienvenu
Comment vous parler du DIY sans Ă©voquer le fanzine ? De ses origines, il y a quelques dĂ©cennies dans le domaine de la science-fiction, aux nouvelles formes papier ou numĂ©rique quâil prend aujourdâhui, le fanzine a Ă©tĂ© et restera toujours lâobjet culte du DIY. Marine Slavitch vous dit tout de ces revues qui prĂŽnent des valeurs qui nous sont chĂšres chez Poisson VĂ©lo : fĂ©minisme, anti-racisme, anti-capitalisme et jâen passe.
đč â Marine Slavitch, journaliste mĂ©dias
đ„ïž â LorĂšne Bienvenu
âïž â ZoĂ© Pinet
đš â Nina Decup
âïž â Lucyle Espieussas, astrologue de Poisson VĂ©lo
đš â Nina Decup
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With love, Poisson Vélo
Cette newsletter a été réalisée par LorÚne Bienvenu, Zoé Pinet, Nina Decup, Lucyle Espieussas et Elisa Verbeke.